Le jeune sprinteur breton a mis tout le monde d'accord à La Mothe-Saint-Héray. Mais le maillot jaune, Hayden Roulston, reste favori pour le contre-la-montre d'Airvault ce matin et la victoire finale à Pescalis.
Un vent de jeunesse souffle sur le Tour 79. Qui s'en plaindra ? Après le Tourangeau Romain Chaudoy (21 ans) samedi à Parthenay, c'est un autre grand espoir du peloton français, le Breton du Brest Iroise Cyclisme Yann Le Quéau (21 ans lui aussi), qui a remporté une arrivée massive hier à La Mothe-Saint-Héray.
Pourtant, tout laissait croire qu'une échappée pourrait aller au bout. Cinq hommes ont, en effet, compté près de deux minutes d'avance avant d'entrer sur le technique circuit final. Mais Médéric Clain, le grand animateur de la journée (lire par ailleurs), a finalement dû se résoudre à laisser les sprinters s'expliquer.
Un Tour formateur
Parmi eux, un garçon plein d'avenir avait un plan. « Comme à Parthenay, le circuit d'arrivée était très technique, raconte Yann Le Quéau, originaire de la pointe de la Torche, tout au bout du Finistère. Il fallait déboîter assez tôt. On avait préparé le coup avec Paul-Mickaël (Menthéour, son coéquipier de tout juste 19 ans qui a lancé le sprint, quatrième hier, N.D.L.R.). Lui s'est fait un peu coincer, mais j'ai réussi à passer au bon moment pour aller au bout. »
Et décrocher l'un de ses plus beaux succès, si ce n'est le plus beau. « C'est une journée exceptionnelle pour nous, confirme Yvon Caer, directeur sportif de Brest Iroise Cyclisme. Yann est très casse-cou et il est très fort dans ce genre de final. Quand le peloton s'est regroupé, on savait qu'il aurait une carte à jouer. L'équipe a donc beaucoup travaillé pour amener le sprint. Son succès est d'autant plus satisfaisant que l'équipe apprend peu à peu à faire la course pour un sprinter. C'est très formateur pour nos jeunes. »
« Après la Ronde de l'Oise, je découvre les grosses courses par étapes, poursuit de son côté Yann Le Quéau, qui pratique aussi la piste avec brio et est considéré comme l'un des meilleurs spécialistes bretons de cyclo-cross. Je suis très à l'aise dans les sprints massifs, alors j'en profite. En plus, on forme une super équipe de copains. On progresse de jour en jour. C'est de bon augure pour la suite, même si le chrono n'est pas ma spécialité… »
Chrono décisif à Airvault
La prochaine échéance se présente en effet dès ce matin à Airvault avec un chrono de 15,9 km assurément réservé aux costauds. A ce sujet, tous les suiveurs sont d'ailleurs unanimes : le maillot jaune Hayden Roulston, qui a encore fait étalage de toute sa maîtrise dans le final hier, apparaît comme l'hyper favori de ce contre-la-montre.
Poursuiteur olympique, l'ancien coureur du BAC, dans une forme étincelante sur la route des JO de Pékin, est en effet taillé pour l'effort solitaire. « Le chrono est certes ma spécialité, tempère le Néo-Zélandais, qui n'a par ailleurs plus que deux équipiers encore en course. Mais je n'ai pas étudié spécialement le parcours et surtout, une course n'est jamais terminée avant d'avoir franchi la ligne. »